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Fatal Error (10/11/2004, 19h44)
******* Souvenir d'été *********

Blanche ne comprenait plus rien, ce qui se passait était bien trop
étrange. Debout sur ce tapis roulant qui ne cessait d'osciller et de
vibrer en grinçant horriblement, se retenant tant bien que mal aux
barres placées juste devant elle, elle regardait désespérément de
droite et de gauche, cherchant des yeux un repère, une forme connue,
quelque chose qui lui indiquât où elle se trouvait, ce qui lui
arrivait.

Le tapis passa une porte largement ouverte. Le bruit se fit plus
intense encore. Elle cria, appela sa soeur Violette : il lui semblait
bien qu'elle aussi avait quitté le village ce matin lorsque tous ces
inconnus armés les firent monter, elle et ses amies, dans ces affreux
camions ; elle l'avait perdue de vue à ce moment et ne savait pas où
elle se trouvait maintenant.

Soudain, Blanche heurta quelque chose. Immédiatement après le choc, un
terrible éclatement dans la tête lui fit perdre la vision - un éclair
monumental d'une oreille à l'autre, comme une vrille de feu,
inimaginable. Les bruits se firent alors plus lointains, plus feutrés.
Elle ne savait plus si elle se tenait debout ou non, elle n'avait pas
mal, elle n'avait plus peur.

Elle revit cet été radieux qui se terminait, se remémora les champs
merveilleux dans lesquels, à chaque occasion, elle allait gambader en
compagnie de sa soeur. Elle se souvint de l'orée du petit bois et de
son ombre protectrice et parfumée, si douce lorsque le soleil était
haut dans le ciel. Elle entendit clairement la douce mélodie des
cloches du bétail alentour qui la berçait alors qu'elle se reposait,
alanguie sur un tapis de mousse fraîche, dans l'insouciance de sa
préadolescence.

Elle se souvint aussi du grand Gaspard passant parfois dans les prés,
flânant d'un monticule à l'autre de son pas sûr et calme, et qui ne la
regardait qu'à peine : elle était bien trop jeune encore pour
intéresser les représentants du sexe opposé, mais tout de même, quelle
allure il a, ce Gaspard !

Lentement tous ses souvenirs s'estompèrent, les vagues sons étouffés
qu'elle entendait encore disparurent. Elle ne sentit pas qu'on la
soulevait, de même qu'elle n'entendit pas le bruit de la lame de
l'équarrisseur automatique lui ouvrir le ventre.

Blanche ne vêlerait jamais.
Chantal Latella (10/11/2004, 21h11)
Fatal Error a *crit :

> Blanche ne vêlerait jamais.


un petit coup de mou ?
ça va aller ?

ch
Rouzmouz (10/11/2004, 21h21)
In article (Dans l'article) <419267E3.2211B5BD>,
Chantal Latella <vision> wrote (écrivait) :

> > Blanche ne vêlerait jamais.


> un petit coup de mou ?


Plutôt fort.
Bravo FE.

> ça va aller ?


Quand l'écriture va, tout va.
Fatal Error (10/11/2004, 22h49)
On Wed, 10 Nov 2004 20:11:31 +0100, Chantal Latella <vision>
wrote:

>un petit coup de mou ?


Perso, j'adore le foie de génisse. Pas vous ?

>ça va aller ?


Impec, merci beaucoup ! Voyez plutôt :

Chantal Latella (11/11/2004, 11h04)
Fatal Error a *crit :

> Impec, merci beaucoup ! Voyez plutôt :
>


les vaches on les aime,
pis, on les mange quand même,
l'amour c'est compliqué...

alain souchon, approximativement

ch
Fatal Error (11/11/2004, 15h37)
On Thu, 11 Nov 2004 10:04:10 +0100, Chantal Latella <vision>
wrote:

>> Impec, merci beaucoup ! Voyez plutôt :
>>

>les vaches on les aime,


Oh oui !

>pis, on les mange quand même,


Parce qu'on aime aussi leur viande ! Dans la vache, on aime tout :
leur doux regard mouillé, leur poil soyeux, leur lait fortifiant nos
enfants et source de si merveilleux fromages, et leur viande.

>l'amour c'est compliqué...


Mais non...
Fatal Error (11/11/2004, 15h40)
On Wed, 10 Nov 2004 20:21:39 +0100, Rouzmouz
<Rouzmouz+spam> wrote:

>> > Blanche ne vêlerait jamais.

>> un petit coup de mou ?

>Plutôt fort.


C'est amusant, ça, du mou fort. Faudra que j'y repense à l'occasion.

>Bravo FE.


Merci, merci...

>> ça va aller ?

>Quand l'écriture va, tout va.


N'exagérons rien. Hemingway n'allait pas si bien que ça...
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