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gerro (21/08/2004, 20h50)
Bonjour à tous,

Dans le temps mon oncle mettait l'eau de son rasage (avec la mousse à raser)
autour des arbres. J'aimerai savoir si cela apporte quelque chose aux
plantes ? Est ce que je fais d'utiliser l'eau qu'on utilise le matin, avec
le savon, peut être bénifique pour les plantes, les arbres, le jardin en
générale ?

Merci de m'éclairer sur ce sujet car je pense qu'il y a beaucoup de trucs
dans ce genre qui permettrait au jardinier débutant comme moi de travailler
plus avec la nature.

Bon jardinage.

Olivier

Echange de graines possibles : pois de senteur, oeillet (orange), pétunia
(blanc et violet), ciboulette.
Dan (22/08/2004, 22h48)
gerro <gerro> wrote:

> Bonjour à tous,


Bonsoir à toi,

> Dans le temps mon oncle mettait l'eau de son rasage (avec la mousse à raser)
> autour des arbres. J'aimerai savoir si cela apporte quelque chose aux
> plantes ? Est ce que je fais d'utiliser l'eau qu'on utilise le matin, avec
> le savon, peut être bénifique pour les plantes, les arbres, le jardin en
> générale ?


Je ne sais pas exactement, mais je ne pense pas que ça aie une valeur
nutritive représentative pour les plantes (quoique quelques poils, un
peu de graisse fine, de la potasse, de la glycérine, etc. dans les
savons à l'ancienne). Par contre c'est ça d'eau récupérée ...et surtout
de graisses et déchets en moins dans les tuyauteries.
JRP (23/08/2004, 10h11)
Dan <djumet-laMerveilleuse> wrote:

> Je ne sais pas exactement, mais je ne pense pas que ça aie une valeur
> nutritive représentative pour les plantes (quoique quelques poils, un
> peu de graisse fine, de la potasse, de la glycérine, etc. dans les
> savons à l'ancienne). Par contre c'est ça d'eau récupérée ...et surtout
> de graisses et déchets en moins dans les tuyauteries.


Bonjour. C'est certainement tout à fait juste en ce qui concerne les
plantes, mais ces produits sont en principe digérés par les bactéries et
levures du sol. La législation actuelle, qui est peut-être encore plus
stricte en Belgique qu'en France, exige des industriels qu'ils ne
mettent sur le marché que des détergents, adoucisseurs et savons dont
ils ont fait la preuve de leur caractère biodégradable. Or il s'agit de
millions de tonnes. En principe un détergent (ou tensio-actif) a deux
parties dans sa molécule ; une partie hydrophile, ionique ou non, qui
confère la solubilité dans l'eau, et une partie du type hydrocarbure.
C'est le cas d'un savon naturel fait à partir des graisses animales, une
chaîne de 12 à 18 chaînons carbonés, et à l'extrémité une fonction acide
anionique et hydrophile, compensée par des ions sodium. Le savon
ordinaire précipite dans une eau dure, par ce que les ions calcium
donnent une combinaison insoluble. On a donc imaginé un nombre immense
de formules pour améliorer les performances, rendre le produit efficace
en eau dure, tout cela en rendant le produit facilement attaqué par les
bactéries dans ses deux parties chimiques. On a essayé d'éviter la
présence de groupes phosphates qui répandus dans les eaux sont cause
d'eutrophisation, et les chaînes carbonées ramifiées moins faciles à
détruire par les micro-organismes. C'est comme cela qu'on a éliminé le
fameux Teepol de l'après-guerre. Beaucoup de produits ménagers et
cosmétiques ont du polyoxyéthylène, qui est de peu d'incidence sur
l'environnement, de ne pas être allergisants (à ma connaissance du
moins), d'être insensibles à la dureté de l'eau et au pH. On introduit
aussi des groupes aromatiques (cycles benzéniques) que beaucoup
d'espèces bactériennes savent oxyder très activement.

Le danger cependant est la présence d'impuretés dans les produits. Pour
des raisons de coût, les industriels utilisent des matières premières à
l'état brut, incomplètement raffinées et tirées de la pétrochimie. La
fabrication en masse doit être facile et aller vite. C'est là où je me
méfie le plus, car de faibles impuretés, métaux lourds venant des
catalyseurs (zinc, cadmium,...), cyanates ou autres, sont tout de même
des poisons. Le produits ménagers ne sont pas tous des détergents. Le
trichloroéthylène (ou "triclo") utilisé comme détachant a posé et pose
encore de sérieux problèmes de pollution. À ne pas répandre dans le
jardin ! Mais je crois que ce n'est pas ton genre :-)

Le deuxième point que tu soulèves à juste titre sont les dépôts dans les
canalisations. Le phénomène majeur est la constitution de ce qu'on
appelle les biofilms, couche de colonies de micro-organismes en
populations très hétérogènes, engluées dans une gangue de
polysaccharides donnant l'aspect d'une croûte ou d'un mucus. Ces
biofilms sont très résistants, les bactéries détruisent ce qui passe à
leur portée, mais sont protégées des actions extérieures, produits
agressifs, antibiotiques, etc. Ces biofilms peuvent être une catastrophe
dans des cas particuliers. Ils contribuent évidemment à démolir les
produits que tu déverses, mais ils en créent d'autres qui peuvent être
plus gênants. Tous ceux qui ont débouché des siphons et tuyauteries en
savent quelque chose. Evidemment la potasse peut en avoir raison,
utilisée avec précaution et modération.

On peut penser que l'eau récupérée est sans danger une fois répandue sur
une certaine surface. Evidemment si on verse d'un seul coup la cuvette
sur une plante, on ne peut pas garantir l'absence d'effets toxiques. De
façon générale la nature prend son temps et n'aime pas trop les
changements très brusques qui créent un stress et ne laissent pas le
temps aux êtres vivants de réagir et de s'adapter. Donc si on répand une
eau usée, autant qu'elle soit diluée et bien dispersée sur le sol. Et
les polluants éventuels n'auront pas le temps d'aller plus loin.

Bonne journée
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